La photo du Paris Match n°1028

La photo du Paris-Match n°1028
Perdue de recherche
photo de couverture du Paris-Match du samedi 18 janvier 1969
 photo de couverture du Paris-Match du samedi 18 janvier 1969

Cela fait maintenant des années qu’on nous répète cette histoire, une photo d’Apollo 8 parmi tant d’autres, détiendrait la preuve d’un objet mystérieux (vaisseau ou ruine) sur la lune.
Je n’ai absolument rien contre et je n’ai jamais voulu m’en occuper parce que je ne la trouve pas aussi sensationnelle que ça (il y a mieux) , mais je suis déçu par certaines lacunes des chercheurs-auteurs de l’affaire, principalement Artivision (image page 232 de Jean Sider), ça ne va pas leur plaire certes à moins qu’on m’explique ce que veut dire « chercher », encore faut-il savoir chercher. Attendre patiemment des internautes ou des journalistes de Paris-Match qu’ils se manifestent à leur bon vouloir, pour lancer « des recherches déléguées » me parait peu fiable et incertain.

Ils ont frappé à la porte de Paris-Match pendant presque 50 ans, avec un passage à une ambassade américaine à Paris. Au dernière nouvelle, ils sont situés en France, alors qu’il faut chercher aux USA. Personnellement, je ne suis pas passé par Paris-Match , on n’a pas besoin d’eux.

Vous me direz que mes travaux sont basés grâce à internet qui n’existait pas avant, exact, mais pourtant ils sont bien connectés sur internet de nos jours premièrement, puis deuxièmement ces données étaient au « format papier » à l’époque en vente libre, troisièmement la Guadeloupe (et ses ufologues) est plus proche des USA que la France.

Artivision pense  que l’image des archives de la NASA est différente de PM parce qu’elle a été retouchée, ce qui suggérait qu’un journaliste ou une agence aurait récupéré sans se douter une authentique image, alors qu’elle aurait pu tout aussi bien s’altérer par de mauvaises manipulations: la copie de la copie.
Allons-y point par point, étape par étape. Soyons circonspect et pragmatique , ne tombons pas dans “les limbes des bisounours“ sans être trop sévère. Je vous promets une longue page, de l’humour, des larmes pour certains et du réconfort  pour d’autres.

La confusion
World Book Science Service
Localisation de l’anomalie et caractéristiques du cratère, les dimensions revisitées
Les arguments fragiles d’Artivision
La presse : pressconnection
Adresses et lieux des images Apollo 8

La confusion:

Au départ, à aucun moment on nous donne le numéro du cliché Hasselblad correspondant, chaque photo prise est systématiquement numérotée par la NASA, toujours. Certains cherchent encore dans les atlas Apollo 8. Ce repère manquant conduira malencontreusement à beaucoup de confusions par la suite. (exemple ici)
Pour comprendre voyez l’image détenant l’anomalie lunaire, ci-dessous, une vue de la lune tournant sur le web:

PM 1028 , page 32-33, 18/01/69, du site fangpo1.comphoto partielle du PM 1028

Involontairement, la scannérisation des pages du magasine PM1028 n’était pas possible parce que les dimensions dépassaient l’écran du scanner (en général, format A4 maximum) et cette lune prenait 2 pages. Ainsi cette image tronquée conduira à son tour à une autre confusion dans le repérage. Même moi je m’y suis perdu.
Cette image a quand même été “bricolée”: rajout d’une séparation avec “face cachée” dans un but pratique visuel pour le lecteur .

Si on doit faire confiance aux dires d’Artivision, ce serait une image d’un globe lunaire, donc une lune complète. Or les seules images de lune complète proviendraient logiquement du magasin G ou 18 , série de AS08-18-2828 à AS08-18-2908, prises au retour sur Terre, après 10 orbites lunaires officiellement. Sur une vingtaine d’images en haute résolution, de AS08-18-2888 à 2908, à mon avis les seules de meilleure qualité avec des ressemblances sont AS08-18-2891, 2890 et 2895. Au delà, je considère la lune trop éloignée. C’est ce que je déduisais avec les informations du web et en attendant ma commande, mais quelle fut ma surprise quand j’ai reçu le fameux PM1028, ce n’est pas du tout une lune complète. (comme quoi c’est trompeur, surtout si on ne possède pas la revue)

Un autre détail dont on n’a jamais parlé, à la page 32, on nous explique que ce sont des scientifiques qui avaient choisi les images (lire ci-dessous):

Le PM1028 publie 6 images d’Apollo 8, qui après analyse appartiennent toutes au magasin B /14  au film couleur SO-368… On a retrouvé « la septième compagnie »:

L’image est inversée, mise en N§B
AS08-14-2506
L’image est tournée de 180°, mise en N§B, légèrement découpée
AS08-14-2485
L’image est inversée

AS08-14-2447
L’image est inversée
AS08-14-2450
L’image est inversée, mise en N§B
AS08-14-2433

L’image est inversée et incomplète
AS08-14-2402

Liens en Haute résolution (si vous voyez des bateaux ou des nounours, vous m’appelez):

page 2:  http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2506hr.jpg
p32-33:  http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2485hr.jpg
page 34:  http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2447hr.jpg
page 34-35:  http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2450hr.jpg
page 36-37:  http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2433hr.jpg
page 38-39:      http://history.nasa.gov/ap08fj/photos/14-b/hr/as08-14-2402hr.jpg

HAUT de page

World Book Science Service:

D’après les recherches effectués sur « Artivision« , Paris-Match donne l’agence « World Book Science Service » comme source des images/négatifs, extrait du site:
« …En janvier 1987, le Chef des Archives Photos de Paris Match que Jean Sider a interrogé à ce sujet, n’a pas su donner des détails sur les références codées de ce négatif, ni même sur la destination précise qui lui a été octroyée après son utilisation par sa revue et Mr Sider a été aiguillé vers l’Agence Scoop (Service de diffusion d’articles) qui ignorait également ce qu’est devenu cet important négatif, qui aurait été la propriété de l’Agence World Book Science Service qui hélas n’existe plus…. »
Dans son courrier Sider nous montre qu’ils n’ont pas été capable de fournir la numérotation à la NASA. En 1987, Internet n’existant pas encore, le seul moyen alors aurait été de consulter ou d’acheter la documentation papier. (Scoop est une agence créee par Roger Féral)

courrier de Sider réponse de Scoop, 8/01/87

Sur une des revues , le PM1025 du 28/12/1968, la source est bien citée à côté des noms des reporters (Paul Mathias, Paul Slade):

page 29 du PM 1025 - 28 Décembre 1968

Recherchons sur internet, une page « précieuse » de la base de données de l’université de Syracuse nous présente un rédacteur en chef à la même époque:
« William C. Sexton (1929-) est un journaliste américain. Né en 1929, Sexton est allé à l’Académie Militaire de Culver et à l’Université de la Caroline du Nord. Il était avec le bureau d’United Press de 1947 à 1959 (avec une absence de deux ans pour le service militaire), alors en 1961 il a rejoint l’Institut d’American Press, devenant finalement son directeur associé. Il était l’éditeur en chef pour le Louisville Courier-Journal et le rédacteur de World Book News Science Service. »
….
Box 1 Introducing…World Book science service 1968
….
Box 1 WBESSI (World Book Encyclopedia Science Service, Inc.) 1967« 

Ces documents fournis par Sexton lui-même ont été enregistrés depuis 1970 et remis à jour en 2010. Je retrouve ce Sexton dans un document de la NASA , « NASA TM X-58024 » au format PDF et édité en 1969 ( pdf crée en février 2006). Sexton présente son agence lors d’une conférence le samedi 20 Janvier 1968, à Houston.

space science writing at a down to earth level, 20/01/1968

Extrait du discours (traduit):
« …Et alors peut-être vous pouvez me pardonner à décharger un peu de frustration en me donnant une minute d’explication de ce que pourrait probablement être quelque chose, qui porte le nom invraisemblable de « World Book Encyclopedia Science Service, Incorporated » ou comme on le prononce « Weebeca ». Nous sommes une division charitable de Field Enterprises de Chicago.
Nous avons ça en commun avec la NASA; en étant une organisation charitable, nous savons quelles sont les compressions budgétaires. Et nous sommes la seule organisation dans tout ce
riche pays qui est consacré à la communication de nouvelles sérieuses de la science aux lecteurs de la presse. Nous ne sommes pas une succursale « d’ordonnance » ou un auteur de science à temps partiel par télégraphie; nous sommes une très petite agence de presse compacte. Nous avons quatre ans et avons une centaine de journaux dans ce pays et quelques points de vente outre-mer qui comptent sur nous pour l’envergure illustrée, sérieuse de tous les types de science.[…] …Et je vous dirai un secret, nous n’obtenons pas une particule d’aide de la NASA parce qu’elle est trop occupée à rendre public ses vols spatiaux habités. Nous obtenons très peu d’aide d’entrepreneurs parce qu’ils sont trop occupées à écrire des propositions. Nous obtenons une petite aide précieuse des chercheurs spatiaux eux-mêmes proprement dits parce qu’ils sont si occupés. C’est une chose si épouvantable à devoir expliquer ce que vous faites, jusqu’à ce que vous soyez bons et prêts à le faire. C’est assez juste.** Nous ne demandons jamais à personne de révéler son travail jusqu’à ce que son papier soit accepté pour la publication…«  (page 85 et 86 du pdf -William C. Sexton conférence tenu à la bibliothèque de Fondren, Université de Rice, Houston, Texas)

L’agence recherchée appartenait au grand groupe World Book. Toutes les personnes invitées sont de Houston, j’en déduis que l’agence s’y trouvait. Je le confirme avec une journaliste de cette agence qui publiait couramment des articles dans le « free lance-star« , en mentionnant l’adresse exacte:


Rene Carpenter, femme de l'astronaute Scott

Rene Carpenter, femme de l’astronaute Scott

The free lance-star, vol.84 n°110, page 7, 8 mai 1968, Rene Carpenter, »a woman still »

Je conçois la proximité de l’agence au « Centre Spatial Johnson » , avec en plus, un possible favoritisme grâce à cette journaliste, qui en fait était l’épouse de l’astronaute Scott Carpenter. (explication ici)
« Avant de commencer sur « Everywoman » en 1972, Rene a écrit une colonne de journal syndiquée, « A Woman, Still », pendant trois ans. Elle l’a laissé en 1968 pour faire campagne pour Bobby Kennedy, à côté d’Ethel.  »
Est-il possible que les relations de Rene ainsi que de son mari , aient pu faciliter la fuite de quelques photos d’Apollo 8? Probable, quoique Sexton dans son discours jurait leur ** loyauté (lu plus haut). . Il restait encore les futures aventures d’Apollo , soit jusqu’à la 17ème mission.

Par hypothèse, si l’image en question aurait vraiment posé un problème, l’agence aurait cédé aux plaintes de la NASA, dont les encyclopédies scientifiques du groupe World Book ne peuvent se passer. Mais ce n’est pas arrivé, j’ai retrouvé William Sexton. J’ai dû ruser pour l’atteindre, car son adresse email n’est pas divulguée, après tout il est à la retraite.
Je lui décris l’histoire en bref , et lui pose 3 questions élémentaires, sans volontairement l’influencer sur l’anomalie des 2 images envoyées (celle-ci et celle-là):

« …Je cherche pourquoi cette anomalie est visible seulement sur l’image venant de « WBESS » et non visible sur les autres images de la NASA.
Pourriez-vous vous souvenir si « WBESS » a fourni cette image à d’autres journaux ?
Et pourriez-vous vous souvenir où l’agence a récupéré les images de la NASA ? (Houston, Greenbelt/Goddard)
Est-ce juste un défaut de copie ?…« 

Sa réponse (traduite):

« Cher xxxxxxx,
c’est un plaisir d’être consulté mais mon information est d’utilité limitée, je crains. Le World Book Encyclopedia Science Service était une adjonction promotionnelle de l’Encyclopédie. En tant que tel, il a contracté sur des droits exclusifs de presse quotidienne pour des histoires personnelles d’astronautes d’Apollo. Cela expliquerait probablement l’absence de ces deux images des archives publiques de la NASA mais la présence dans divers journaux. Plusieurs centaines de publications ont souscrit au service pendant sa brève existence. WBESS et ses rédacteurs de photo sont
à ce moment-là depuis longtemps décédés. J’étais le rédacteur responsable des textes et n’ai aucune idée sur le lieu de la capture locale de ces images par les stations au sol de la NASA. Je regrette que je ne peux pas être plus utile .

Meilleurs souvenirs, xxxxxxx »

Je rappelle qu’il a 83 ans cette année 2012. Quel gâchis, on aurait pu tirer ça au clair bien avant. Il connaissait bien évidement le personnel s’occupant des illustrations. Les photos que je lui ai envoyées n’ont pas dû l’emballer, et il semble qu’il ne connaissait pas cette histoire , cette anomalie.

Il me reste encore peut-être l’encyclopédie annuelle,(ex. Science Year 1968,The World Book Science Annual  ) dans l’hypothèse qu’il y figure des images lunaires qui pourraient indiquer des précisions comme: le nom du photographe, la source NASA ou le numéro de série. L’astuce serait de vérifier les autres images d’Apollo 8, je ne comprends pas pourquoi une seule image serait différente d’un lot, si on nous cache quelque chose sur la lune. Sur celle de 1968, Apollo 6 est cité avec quelques photos lunaires.

Même si on retrouve les archives photos de cette ancienne agence, qu’est-ce que ça fera de plus? On a soit des morts, soit des pépés en fin de vie, peut-être malades et alités. Personne ne pourra en répondre…le train est passé, où plutôt comme l’indique « Artivision » :on a loupé lamentablement le coche.

Pour l’instant, les seules archives photographiques du groupe sont à Chicago, dans la librairie Newberry , déposés en 1984: http://mms.newberry.org/html/FieldEnterprises.html

WBSS a été racheté vers 1970 par Jim Godbold et déplacé à Tomball au Texas (au nord de Houston), renommé Universal Science News .
( all aboard: Lucky in war,Lucky in peace,Lucky in love; page 289; de James Godbold, 2003)

HAUT de page

Localisation de l’anomalie et caractéristiques du cratère, les dimensions revisitées:

D’après l’image ci-dessous, la « chose » est bien située dans le cratère Kostinskiy:

 zoom PM 1028 - cratère Kostinskiy  vue équivalente avec Google Moon
image PM 1028 image approx. Google moon
vue verticale du cratère Kostinskiy
image Google moon

Les données du cratère Kostinskiy depuis wikipedia :

Coordonnées: 14°42′ Nord 118°48′ Est / 14.7° Nord 118.8° Est
Diamètre: 75 km
Profondeur cratère: 7,5 km environs , côté vue avant de l’image (googleMoon)

moyenne de profondeur de Kostinskiy
Artivision évaluait la longueur du « bidule » à 26 km, Serge Boisse à 28 km (mail ) puis à une vingtaine de km sur sa page.
image scannée 2250 X 3507 pixels – 2,32 Mo Au lieu de zoomer pour mesurer, j’ai fait l’inverse, j’ai dessiné puis reculé jusqu’à obtenir une ressemblance, pendant des heures.En moyenne, ça ferait dans les 22 km.

Si j’ai utilisé cette méthode par la suite, c’est  à cause du zoom  trop important  qui fausse les résultats. Mais ma comparaison n’est pas parfaite, je ne suis pas encore dans le bon angle de vue. Les heures et les jours passés à calculer la longueur du « bidule » ne m’ont jamais satisfait, je n’ai jamais réussi à superposer une image avec l’option GoogleMoon (quand je plaçais des détails , les autres se décalaient). J’en conclus que PM l’aurais probablement redimensionné pour l’insérer sur ses pages…

Quand j’ai reçu mon PM, j’ai été frappé par le nombre de défaut d’origine sur l’image. On s’aperçoit bien que la nuance particulière de couleur blanche  du « bateau coulé » fait parti d’un ensemble d’anomalies répandues, dont j’ai l’impression qu’elles ne sont pas « lunaires ». En scrutant longuement, je trouvais aussi des traces noires, comme du feutre ou marqueur…c’est là que j’ai compris: n’est-ce pas le marquage sur un support transparent pour mentionner « face cachée » avec les tirets, positionné entre l’image/négatif et l’objectif?

Traces de pollution sur l’image…après la marée noire, la marrée blanche:

Si cette dernière ne plaît pas, dans un genre d’extrême extravagance, ils étaient devenus hystériques face à l’exploit Apollo, et tous les ingrédients étaient présents, c’étaient les périodes de fêtes, on a arrosé, et ça s’est terminé en « orgie versaillaise dans le labo », journalistes, scientifiques et je ne sais qui, dessus/dessous…ça + l’alcool , qu’est-ce qui aurait pu verser sur les supports?
ça va loin la spéculation, surtout quand ça m’énerve, alors imaginez la suite que je prépare.

Je rappelle que “le bidule” est sur une image prise vers 3000km d’altitude, voir plus bien plus, Apollo était en TEC (trans-earth coast, voir page 152 du pdf) exemple  avec GoogleMoon ci-dessous:

Ainsi mon analyse se rapproche certainement de l’hypothèse de Serge Boisse, extrait:
« a) Une rayure ou une pollution (graisse, morceau de cheveu.. sur le négatif ou sur l’épreuve qui a servi à la photocomposition. …Si une AUTRE photo disponible montrait le même artefact, évidemment, il faudrait remettre en cause cette conclusion provisoire. En l’absence d’une telle seconde photo, il faut rester dubitatif… (récupéré sur Artivision) »

J’en pense de même , il n’existe aucune autre vue à partir d’un autre angle.

Serge Boisse supposait aussi des marques laissées au sol par la logique d’un passage d’un vaisseau spatial. Il a utilisé des images récentes de Clémentine peu convaincantes et n’en a pas trouvé d’autres plus anciennes faites par des sondes avant Apollo 8. Une seule image prise par Lunar orbiter 5, montre Kostinskiy, dans le livre « The Far Side of the Moon » de Charles Byrne:



Dans le zoom, on ne voit rien de particulier , aucun changement caractéristique.

Les arguments fragiles d’Artivision:

  • Le Père Noël

Je reviens sur ce scoop bidon , cette phrase soit disante prononcée par Apollo 8, extrait Artivision:
« En effet, le 25 Déc. 1968 , exactement 93 h 02 mnaprès le départ de Cap Kennedy, malgré les appels pressants et réitérés du Centre d’Houston,la cabine Apollo 8, qui venait pourtant de sortir du cône d’ombre électromagnétique de la Lune , resta désespérément muette pendant près de cinq interminables minutes. C’est alors que le commandant du vaisseau Lowell prononça la phrase inattendue et tout à fait insolite, alors que Houston lui réclamait encore une fois de prendre contact avec la Terre:
« On vient de nous informer que le Père Noël existe bien »
…Son pouls atteignait 120 pulsations minutes alors que pendant les 93 heures précédentes , son rythme cardiaque avait toujours été normal.
(page 121-129,Guy Tarade « Soucoupes Volantes et civilisations d’outre espace » Editions J’AI LU n°A 214)

Mr Tarade n’a pas vérifié la source, Artivision non plus, ainsi on se retrouve devant le même problème que le PM1028: la copie de la copie de la copie…..ou « les limbes des bisounours ». Cela ne s’est pas passé comme ça, j’ai relu les transcriptions (Match les avait ,n°1028 page 26) que je résume ici:
– à 89h20mn manoeuvre de combustion du retour sur Terre enclenchée (TEI), qui parasite les communications
– entretemps, les conversations techniques des astronautes à bord du vaisseau n’indique absolument rien d’anormal , pendant 15 mn.
– à 89h34mn16 Lovell: « Houston, Apollo 8, over. »
– à 89h34mn19 Mattingly: « Hello, Apollo 8. Fort et clair. »
– à 89h34mn25 et non pas à 93h02mn , Lovell : « Roger. Veuillez s’il vous plaît informé il y a un Père Noël. » pour dire la réussite du TEI.
– à 93 heures 02 minutes le vaisseau spatial était à 20909 km d’altitude de la Lune.
à 94h29mn le vaisseau spatial était déjà à 36414 km d’altitude de la lune (elle rapetisse).

La traduction originale des transcriptions indique que Jerry Carr (cap com-Houston) lit un article d’Harry Rosenthal d’Associated Press à 95h17mn46, reprenant encore ces évènements; on fête un Noël spatial en direct pour galvaniser les troupes, c’est purement propagande politique (vive la guerre du vietnam et le président-assassin Johnson):
« ….La seconde était un moteur énorme crachant la flamme derrière la lune, et les milliers de personnes attendaient le mot auquel il avait allumé. « Veuillez être au courant qu’il y a un père noël. »étaient les premiers mots d’Apollo 8 pendant qu’il émergeait du silence par radio pour informer au monde impatient, 15 minutes après le fait que le moteur avait exécuté sa combustion critique (TEI). « Aucun de nous ne s’attendait à avoir un meilleur cadeau de Noël que celui-ci. » dit Ken Mattingly du Centre de contrôle de la mission….. »
– à 095h21mn33 réponse poignante de Lovell, à la fin du speech de Jerry: « Merci, Jerry; c’est agréable. »

Tout n’était que spéculation , mais tout le monde connait le pragmatisme d’Artivision.
    • La disparition d’un documentaliste de Paris-Match
Artivison raconte ce mystère avec sa rencontre d’un employé de PM: « En 1992, j’ai tenté de faire cela en me rendant directement à Paris Match qui siégeait à l’époque aux Champs-Élysées. J’y ai rencontré un certain monsieur P…. Thierry  (préposé s’occupant des lettres de lecteurs) qui en me remettant deux PM 1028 que j’avais commandés, m’a promis, lorsque je lui ai montré la « superstructure » sur les deux exemplaires,  de me retrouver vite fait et bien fait, le négatif en question. Et jusqu’a présent je n’ai plus eu de ses nouvelles, malgré mes lettres de rappel, et même mes vœux de bonne année« Déjà, l’employé ne souhaite pas répondre, soit ça ne l’intéresserait plus, soit il ne pouvait dévoiler certaines choses (comme la “pressconnection” ) , soit il n’avait rien trouver. Le temps passe, et le 29 Fevrier 2008, l’internaute S. intervient:  “J’ai lu le passage de l’article où vous parlez d’un certain T…. P…., qui aurait été en 1992 “un responsable de la correspondance avec les lecteurs de Paris Match” et qui vous aurait promis de faire des recherches sur le négatif de la photo parue dans le n° 1028 .
J’ai connu à la même époque une personne du même nom et prénom, à la différence qu’il était documentaliste dans la même publication. Seulement, aux dernières nouvelles, il a disparu en 1994, mystérieusement et je ne sais s’il a réapparut depuis.( il a disparu un soir, alors qu’il sortait du “Hard Rock Café” dans le 2ème arrondissement de Paris. On m’a dit qu’il était allé retirer de l’argent au distributeur et que sa trace se perdait à cet endroit. Il n’a plus reparu à son domicile, ni retiré le moindre argent sur son compte durant les mois suivants. Son nom est resté quelques années sur “l’ours” de Paris Match, alors qu’il n’y travaillait plus, comme si c’était en sa mémoire..)  Il y a même eu une édition de l’émission “Avis de recherche” ou “Perdu de vue” à son sujet dans les mois qui ont suivi sa disparition. Paris Match avait fait enquêter pour tenter de retrouver ses traces…”

Cette disparition mystérieuse est certe troublante, mais est-elle vraiment liée à une simple image spatiale? Pas sûr, pourquoi il disparaîtrait  3 ans après, s’il a cherché en 1992 en tant que documentaliste?
Puis le frère du disparu écrit à Artivision en 2009:
“…Vous avez peut-être trouvé ma requête un peu étrange. Voilà de quoi il retourne : La personne de Match que vous citiez dans votre article et que vous avez visiblement rencontrée en 1992 est mon frère. Nous sommes sans nouvelles de lui depuis 1995. Même après ces années, je n’abandonne pas la recherche et tout nouvel élément concernant cette époque m’intéresse forcément…”
Avec une émission TV (plutôt “perdu de vue”), personne n’a pu en savoir d’avantage. Dans cette perspective, Paris-Match, de mémoire, a été lié à des affaires d’état dans les années 90 (Mitterand et sa fille en novembre 1994, avec les secrets sur sa santé; les affirmations de Jean-Edern Allier, dont ses documents seront volés le jour de son décès), les sujets n’étaient pas lunaires, mais plus sensibles, et ce n’étaient pas les seules affaires.
Rien n’est sûr, je ne connais pas l’homme en question, ni son passif et je doute qu’on puisse “dégommer” une personne  pour une photo pourrie. Bill Kaysing, David Percy ou Hoagland n’ont pas été assassinés que je sache…. J’essaierai de visionner l’émission en question par curiosité.

  • Les clichés originaux de cette structure

On apprend par le témoignage d’un internaute (ex-ufologue) en 2000, qu’il aurait vu des images « originales » (??) de cette anomalie, extrait:
« …Juste pour vous signaler qu’en 1991, j’ai eu en main les originaux des photos concernées, remises à un ami à moi par une personne de la NASA, ces photos étaient plus nombreuses ( environ une dizaine ) et partaient de la face globale de la Lunepour arriver à un zoom de ce qu’on pourrait qualifier de réservoirs ou de citernes sur les cotés de l’objet… » (Sur Artivision)

puis il intervient de nouveau en 2008:
« …C’est le contacté « Jean Miguères » m’a montré ces photos lors d’une soirée à mon domicile (auquel ont participé d’autres témoins), il n’y avait pas que ces photos, mais aussi des agrandissements suffisamment précis pour voir les détails de la structure. Ces photos au format A4 (il y en avait environ 6 ou 7) démarraient de la vue globale telle que celle présentée sur le site, puis cela zoomait jusq’au détail des espèces de container (ou silo ou réservoir ???) dire si c’était une base ou un vaisseau alors là…. » (Sur Artivision)
Si c’était des images de la NASA , elles devraient être obligatoirement nomenclaturées/sérigraphiées – toujours. Pourtant, jamais et aucun numéro n’est présenté. La nasa peut reproduire les photos sous différents formats souhaités, en 1969 elle proposait à la base le format 20,3cm x 25,4 cm (8 inch par 10 inch), qui correspond presque au format A4.
« La personne de la NASA » avancée, pourrait être Richard Hoagland? Mais lui il numérote. Ce n’est pas important, cette image n’a pas emballé les USA, juste les pays francophones, l’histoire a été publiée plusieurs fois (en1974,1975, 1976, 1979,1983), le temps suffisant pour sa publicité franco-française, bien avant 1991.
Ce défaut théorique ne proviendrait que de Paris-Match et aucun site US ne la présente comme tel aujourd’hui sur internet. Ayons, par pitié, de l’esprit critique SVP! Pourquoi un employé de la NASA n’apporterait que la vue existante seulement? Où sont alors les autres prises de vues d’Apollo 8? De ce fait, je n’y crois pas , quelqu’un a fait une farce ou un « zèle hystérique E.T. » à l’ami de l’ami , à moins que le témoin se rappelle du numéro original.

Bon, après demander au témoin de faire un petit dessin, c’est ridicule, mais lui aussi aura droit à son blâme.

  • La preuve par Adamski

Artivision est gentil de nous sortir le « vécu » d’Adamski, mais comme preuve incontestable, faut oser! Je ne vais pas débattre ici sur Adamski , ça se serait trop long, voir incompréhensible pour certains, alors je vous le résume: c’était un charlatan escroc mythomane qui vendait du « bisounours », en plein essor de la science-fiction et des balbutiements de la conquête spatiale.
Sa vie était déjà tracée (lien):
« Il enseigne la métaphysique et la philosophie. En 1936 il fonde en Californie un Ordre Royal du Tibet, qui va rester relativement confidentiel… »
Son orientation intellectuelle est reprise par Stéphane François et Emmanuel Kreis, extrait:« Entre 1913 et 1919, il se consacra à l’occultisme et fonda dans les années 30 une lamaserie à Laguna Beach en Californie, avec une école ésotérique du nom de « l’Ordre Royal du Tibet » où il enseignait la « Loi Universelle ». Dès le début, l’enseignement d’Adamski comportait une forte influence Théosophique à laquelle il se contenta en 1947 d’ajouter une composante ufologique…[.]…À ce sujet, Peter Moon affirme, sans que nous ayons pu le contrôler, que le témoignage d’Adamski n’est pas innocent. Les gens qui ont soutenu Adamski étaient en relation avec des nazis ou bien étaient des néonazis. Avec en toile de fond, cette idée que les extraterrestres étaient des individus de grande taille, blonds avec des yeux bleus, s’exprimant avec un accent allemand.. ».
(ufologie radicale: entre subculture politique, occultisme et théosophie.pdf -page 4 et 5)

Le coup du plâtre très suspect: « Heureusement, Adamski et son équipe ont opportunément emmené du platre dans leur voiture, et ils s’empressent de faire un moulage des empreintes de pas du vénusien Orthon. On remarquera la forme de svastika (croix gammée) sur l’avant de l’empreinte droite, non sans rappeler les sombres fréquentations d’Adamski (Dudley Pelley, Ballard, Williamson) de l’époque… »
Le « vénusien » serait revenu et, pour faire plaisir à l’écrivain, lui aurait fait faire un voyage express autour de la Lune, pour lui montrer des rivières et des lacs sur la face cachée«   (http://rr0.org/personne/a/AdamskiGeorge)
On a loupé tout ça, a-t-il rapporté l’observation de bisounours ambulant sur la lune? Mais c’était bien notre lune ou  la leur? A la page 31-32 de son livre* (en anglais), il décrit une vue de la Terre depuis l’espace, extrait (traduit): « …Nous sommes maintenant à environ 50000 milles de votre terre.(= 92 600km)  »…Et à ma surprise, notre planète dégageait une lumière blanche, très semblable à celle de la lune, seulement pas aussi pure qu’un clair de lune dans une nuit claire sur terre. L’éclat blanc entourant le corps de la terre était brumeux, et sa taille était comparable au soleil … Il n’y avait aucune marque d’identification du tout à voir sur notre planète. Elle a semblé simplement comme une grande boule de lumière sous nous… » Il semble qu’il a simplement récupéré les estimations scientifiques de l’apparence de notre planète à l’époque, jusqu’au jour où la NASA prendra les photos d’une planète bleue avec ses caractéristiques bien visibles. Vous pouvez voir la Terre vers 78000 km de distance avec comme exemple les photos as08-16-2565 et 2596. (*lien livre à télécharger- 1,7 Mo)

Franchement, croyez-vous Adamski crédible? Il y a une personne proche qui l’a connu, Marc Hallet, qui dénoncera plusieurs fois ses absurdités (voir son article). Tous les textes et preuves démontant ce charlatan sont à l’origine de Marc Hallet (?? peu cité) , pour la simple raison qu’il était au départ son biographe jusqu’à devenir son pourfendeur grâce à ses découvertes. Il s’exprime sur lui encore ici, extrait: « C’est après avoir travaillé un certain temps pour Adamski que Honey découvrit les écrits que ce dernier avait déjà diffusés dans les années 30. Et c’est alors qu’il se rendit compte de la supercherie qui avait consisté à les « réactualiser » en les mettant à la « sauce extraterrestre » plutôt qu’à la sauce philosophico-mystique pseudo tibétaine originelle. »
Je comprends l’enthousiasme que beaucoup comme Artivision se sont focalisés sur les E.T., on veut les voir, on veut les toucher et  plus si affinités, en mettant malheureusement de côté les invraissemblances évidentes, les détails trompeurs…Mais ils ont oublié que les escrocs et les charlatans, eux, ont toujours existé.

  • L’image 3D

Cette représentation en 3D ,ci-dessous, faite en 2010 est fausse, l’objet est plus grand que le cratère maintenant…irréel. « Artivision » l’appelle la superstructure. La subjectivité y a joué, on leur a demandé de reproduire un bateau (demi-porte-avions) qui flotte sur la lune, équipé de sphères (pour améliorer la flottaison?) Et pourquoi pas un pistolet énorme , tombé à l’envers, jeté par des géants depuis l’espace?

fausse représentation 3D de l'objet sur Kostinskiy

J’ai fait plusieurs agrandissements sans jamais apercevoir de « sphères » sur ces photos à résolution médiocre , sachant qu’elles proviennent d’un magazine, à force de zoomer on risque plutôt de découvrir la cellulose du papier glacé, et mon logiciel de recomposition de pixel poussé à fond me floute l’image. Alors j’en mets 2:

quelles sphères?



la leur, à 1400 points par pixels la mienne,  sans retouche luminosité et teinte, à 1860 points/pix. ça ne ressemble plus à un bateau, son pont est discontinue….

Comme vous le voyez , le truc se décompose, un pixel zoomé peut créer un cercle pas une sphère, zoomez ailleurs si vous doutez.

Si c’était une ville, les photos lunaires seraient toutes truquées.
Si c’était un « vaisseau », il serait venu, puis reparti , mais entre 2 à 3 clichés Hasselblad.
(il faudra que je vérifie l’horodatage des supposées photos)

Artivision va créer une énième page sur l’image « perdue de recherche », encore plus longue que les autres, et avec du recul, j’ai remarqué qu’elle était faite en majeure partie de mails, d’une chronologie d’édition journalistique répétée/doublon, jusqu’à s’en prendre ouvertement aux scientifiques, aux  journalistes et bizarrement  à ses propres correspondants dont  les mails étaient pourtant  soulignés en sensationnel. En clair à tous ceux qui refusent, s’opposent  ou boudent cette histoire,  ensuite cette « mise en patûre » gratuite et improductive est  utilisée incroyablement comme preuve. (y-a-t-il un pilote dans l’avion?)
Vraisemblablement, il a perdu son sens critique et la raison. S’il devait s’en prendre à quelqu’un c’est à lui-même. Lisez ma dernière analyse en exemple pour comprendre (il y en a d’autres)…

  • Le « prolongement révélateur » qui part en salade…

Artivision nous apprend par un internaute (toujours) que PM pourrait falsifier les images, extrait:
« Le 8 février 1999, nous avons reçu de notre ami F. B. … une photocopie de la page 33 d’un Paris Match n°1028 qu’il a eu la chance de découvrirdans un lot acheté en vrac de plusieurs Paris Match. Mais quelle ne fut pas notre surprise de découvrir qu’à la place exacte de la superstructure, il y avait une tache blanche caractéristique « d’un caviardage notoire » sans doute exécuté avec un scalpel soit sur le négatif avant tirage, soit sur la revue elle même bien que l’on distingue cependant la ligne inférieure de la structure .Voyez donc l’image.[…].Des analyses poussées seraient nécessaires pour tirer ceci au clair, mais elles n’ont pas pu être encore faites, bien qu’elles relanceraient le suspense de cette affaire à un niveau tout à fait surprenant…. »

Ces textes ont été édités en 2001 et sont toujours en ligne. L’information a eu le temps de tourner, peut-être un peu trop, voilà qu’en 2009 Nexus justement en parle sur sa revue, extrait contradictoire sur Artivision qui le reprend et l’incrimine:
« Le 02 Mars 09 votre ami Fabien L, nous apprenait la sortie du n° 61 de la revue Nexus de Mars Avril 2009, où apparaissait un super dossier intitulé « La face cachée de NASA » …[…].
 » (Nexus:) Vite épuisé, le même numéro a fait l’objet d’un tirage complémentaire sur lequel la photographie, objet de cet article, ne présentait plus « l’artefact » concerné. «  .
.[…].
Nous avons souligné cela à la revue Nexus, mais là , ce fut le silence de la tombe, ce qui nous étonne grandement, vu le caractère affable que nous avons toujours accordé aux journalistes de cette revue. »

Coup de théâtre incompréhensible pour Nexus et certainement pour beaucoup d’internautes. Pauvre Nexus,collaborateur et correspondant, que peut-on lui reprocher? D’avoir fait confiance à Artivision, de ne pas vérifier l’info? Mais où est l’erreur? Artivision jure comme preuve, tout ce qu’il met en ligne est preuve puisque qu’il est pragmatique.
Vous remarquez qu’on est en train de tourner en rond face à cette stratégie carnavalesque, c’est du « bisounours ».

A vous de juger, une fois de plus, toute cette enquête désastreuse…
La presse: « pressconnection« 

Je vais parler d’un détail qui va calmer certainement l’ardeur du « c’est tout cacher, tout est extraterrestre » et pour démontrer que Paris-Match n’a pas plus d’exclusivité que les autres. C’est à dire le milieu de la presse, les rapports entre journalistes, où on s’échange parfois quelques informations (textes, interviews, photos), ça tout le monde s’en doute, mais ici c’est à un niveau très élevé que je ne soupçonnais pas du tout et qui va engager une nouvelle piste sérieuse.
L’histoire étant liée à une seule image j’ai alors pensé à un simple emprunt de main à main, puis à cause de cette récurrente obstination de Paris-Match à faire l’autruche et du gêne qu’il n’existerait pas de négatifs, et de cette façon les envoyés spéciaux n’ont peut-être pas voulu s’expliquer sur l’origine des photos et la manière dont ils auraient rédigé leur reportage.

C’est donc une jeune femme à l’esprit éveillé qui nous fait découvrir les relations très étroites et flagrantes entre Paris-Match et Life-Magazine, centrées sur le thème de mai 1968, en comparant leurs images éditées le long de l’année 1968 jusqu’à leur numéros de janvier 1969, qui résument toujours les évènements principaux de l’année passée. Vous en avez compris comme moi les implications, mais d’abord extrait de l’auteur:
« …les images circulent de rédactions en rédactions, s’échangent, se monnayent et s’inscrivent dans une éditorialisation des événements par les différentes rédactions presse. .[..]. le cas de Mai 68 s’offre ici comme exemple de ces circulations et constructions à plusieurs échelles : les photographies s’empruntent mais ce sont aussi des mises en pages et jusqu’à des structures narratives portées par les images des événements qui circulent entre magazines... » Leblanc, Audrey , auteur du blog « les images font l’histoire »

Audrey fait cette démonstration sur la même période que les éditions Paris-Match de décembre 1968 et janvier 1969, celle qui nous intéresse. Je n’avais pas terminé de lire sa page instructive que j’ai senti un étourdissement et que mon paragraphe sur « WBESS » vacillait… Hé, ça ne serait pas Life qui aurait fourni des photos d’Apollo 8 en échange de notre révolte étudiante? C’est très probable. Les 2 envoyés spéciaux de PM connaissaient malheureusement cette réponse.
On voit bien ici la connivence des revues, en fait rien n’empêche que l’intermédiaire principal soit World Book, mais qu’à l’origine l’image était saine et identique à celle de la NASA, ce n’est  peut-être que sur son parcours qu’elle s’est altérée.

Les images spatiales sont, à la base, la propriété de la NASA, les journalistes n’ont pas tourné autour de la lune (mais eux ils nous font tourner la tête à la télé), le grand groupe de presse TIMELIFE source toujours les photos sous la « NASA » , et alors? Il ne mentirait pas pour autant, puisqu’il les auraient payé. Le service de World Book n’a aucune raison de se plaindre.
Si je récapitule la possible transmission de l’image, en théorie ça donne cette suite:

Nasa –> World Book Science Service –> Life–> agence Scoop —>Paris-Match

la copie de la copie…retaillée, redimensionnée, tournée…est-ce fiable? Que cherche-t-on vraiment …une mauvaise image?

Mais Audrey a du ressort , elle nous décrit aussi le fonctionnement des archives photographiques de PM, extrait:
« En effet, dès 1949, la rédaction de Paris Match, qui a son propre staff de photographes, organise ses ressources iconographiques en photothèque afin de commercialiser – à la façon d’une agence de photographies – ses images consignées par un système de fiches bristol manuelles rangées dans des cardans. Ce système dure jusqu’en 1984….
De même, les photographies que la rédaction achète aux agences entrent  dans le même circuit : une fois payée, la photographie peut-être réutilisée, en principe en redemandant l’autorisation mais à Match, comme c’est Match, pas besoin… raconte le responsable actuel de la photothèque du magazine, en poste depuis 19831. Les témoignages de professionnels côté agence confirment ce fonctionnement – implicite – en insistant sur le fait que les rédactions presse ont conservé de nombreux originaux jamais rendus : d’abord par négligence puis par choix devant la valeur croissante de ses photographies sur les marchés de l’image. La photographie de l’étudiant pourchassé prise par Gilles Caron pourrait bien être de celle-là : achetée et publiée par Match au printemps 1968, elle est très régulièrement republiée par le magazine [..] et est souvent « citée » ou « reprise » dans sa mise en page originale par Match alors que le négatif ne figure pas, à ce jour, dans le matériel réuni par la fondation Gilles Caron. Life crédite les nombreuses photographies reprises à Paris Match « Paris Match ». Les rédactions des deux magazines travaillent ensemble ; il demeure d’ailleurs plutôt logique que Paris Match en France fournisse des images des événements français à son homologue aux États-Unis2. »

…..Comme il est logique aussi que Life aux USA fournisse des images d’Apollo 8 à Match, qui par contre ne mentionne aucun nom, exemple:

(à gauche: Yale Joel/Timelife ; celle de droite: PM1025, page 42-43)

   

Vous voyez que ça ne gêne personne , les rédactions font bien ce qu’elles veulent.
Le négatif de cette photo se trouve chez TIME-LIFE,  avec peut-être celui de la photo n° AS08-14-2485 …Alors qu’ils sont « culs et chemises », PM voit sur le bureau de LIFE la photo de Madame Lovell parmi les autres , il l’achète mais ne prendrait pas les images de la lune juste  à côté?… « non, non, sans façon, je vais m’abonner à World Book« … ( Je leur ai posé la question , ils n’ont pas voulu répondre).
Je n’ai pas encore terminé la recherche dans l’historique de LIFE, qui crédite beaucoup de photos avec Ralph Morse, et pour réaliser le même style d’analyse, il faudrait faire une plus longue page, je lancerai donc un autre article perdue de recherche 2, le retour« . D’ailleurs, je n’ai jamais trouvé de quelconques photo sous « WBSS » . Il est vrai aussi que LIFE indique toujours la source de base, généralement le photographe, pas les nombreux intermédiaires, et il faut avouer qu’ils sont plus précis que le magazine français. En attendant, un grand merci à Audrey.

Il est possible que l’agence WBSS a été utilisée pour transmettre les images d’Apollo, de Life à Paris, peut-être que c’est TIME qui l’utilisait puis distribuait/prêtait les négatifs, je ne sait pas vraiment encore comment ils ont procédé. J’ai posé la question à un ancien reporter de PM toujours en vie, (Philippe de Bausset): toujours pas de réponse. Par contre, TIME et LIFE imprimaient dans le monde entier, avec un léger décalage de 2 à 3 jours, tous les 2 avaient leur bureaux à Paris:

adresses des bureaux du groupe TIME-LIFE

Ainsi , Paris-Match a pu saisir les images souhaitées, les copier, puis les rendre…

crédit du LIFE du 10/01/1969

à l’inverse, LIFE n’indique pas les agences françaises de diffusion à l’étranger, comme SCOOP.

Dans les crédits de ce magazine, c’est PICTURAL SERVICE qui a fourni certaines images françaises, (histoire, et site web).

Comme il est très rare de trouver une photo sous « World Book Science Service » dans les archives journalistiques, sauf quelques articles , les images d’Apollo 8 sont sous d’autres agences,  en exemple l’agence UPI dans le « Delta democrat times » du 29/12/1968:

crédit UPI

HAUT de page

Je ne suis pas sûr à 100% , mais pour terminer, l’image de la lune AS-14-2485 de LIFE  et archivée par GETTY serait peut-être l’identique du Paris-Match, avec aucun « artefact » sur Kostinskyi:
Et dans l’ensemble, LIFE  a toujours détenu ses images spatiales bien avant Paris-Match.

Adresses et lieux des images Apollo 8:

Les seules adresses officielles où seraient archivés les négatifs d’origine d’Apollo 8 , pour la consultation ou l’obtention d’images, sont listées dans le document NASA sp-201:

– Toutes les parties du film au retour de vol ont été développées au centre de vaisseau spatial habité de la NASA (Centre Spatial Johnson, Houston) en utilisant les procédures établies avant le vol ; à savoir, réalisateur D19 à 75° F pendant 12 minutes dans un petit réservoir. (USE OF TYPE 2485 FILM, page 107)

– Cette annexe contient un index presque complet de la couverture photographique d’Apollo 8 compilée au profit des groupes et individus qui souhaitent obtenir les copies photographiques pour davantage d’étude. Les enquêtes de scientifiques aux Etats-Unis devraient être dirigées vers l’adresse suivante :

National Space Science Data Center Goddard Space Flight Center
Code 601.4
Greenbelt, Md. 20771

Les demandes de photographies devraient inclure l’information suivante, qui peut être trouvée dans les diagrammes et les tables qui comportent cet index :
1. Mode (bandes stéréoscopiques, séquence photographique, ou objectifs inopinés)
2. Nombre de vue de photographie de 70 mm, y compris le numéro de mission et la désignation de lettre du magasin.
3. Désignation du magasin de la séquence photographique de 16mm.
4. Format de la photographie (positif ou négatif, films ou copies), et taille de produit.-Les demandes de photographie d’Apollo 8 à l’extérieur des Etats-Unis devraient être dirigées vers l’adresse suivante
World Data Center A for Rockets and Satellites
Goddard Space Flight Center
Code 601
Greenbelt, Md. 20771
-Beaucoup de demandes d’intérêt général peuvent être satisfaites en matériaux disponibles sous la forme imprimée. Des demandes de ce type devraient être dirigées vers l’adresse suivante :
Office of Public Affairs
National Aeronautics and Space Administration
Code F
Washington, D.C. 20546
-Des diagrammes ont été préparés sous la direction du Département de la Défense par le Aeronautical Chart and Information Center (ACIC), Armée de l’Air des États-Unis, pour la NASA. La balance de ces projections de Mercator est 1:7 500 000 à l’équateur et l’intervalle de grille est de 5°.
(textes traduits du documents NASA SP-201.PDF, analysis of apollo 8 photography and visual observations, 1969 – Appendix A page 139 et 140téléchargeable ici)
prix abordable du document en 1969, soit 4,10 francs de l’époque.

4 réflexions sur “La photo du Paris Match n°1028

  1. A t-on réellement besoin d’un contre argumentaire aussi détaillé pour contrer des arguments ? Un contre argumentaire qui reprend les argumentaires incriminés et incriminants… A la lecture, que reste t-il ? Et bien, on a oublié les contre-arguments pour ne garder que les arguments que l’on voulait contrer … !!!

    • et bien malheureusement oui, Manitou91 , on est obligé d’argumenté en profondeur, contre  » artivision » , sur cette question…

  2. Belle contre analyse
    PS : Faut savoir que le webmaster d’Artivision voit aussi des traces de Jeep Willys (oui, oui…) en même temps que celles du LRV (rover lunaire)

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